Palestine/israël/Jordanie : le problème de l'or bleu

Le problème de Gaza

La bande de Gaza est la région qui souffre le plus du manque d’eau

. Cette zone très densément peuplée ( plus de 2000habitants au km²) ne dépend pour son alimentation en eau que des pluies (comprise entre 200 et 400mm/an) et ne dispose d’aucun cours d’eau permanent. Elle s’approvisionne donc par les wadis, cours d’eau temporaires durant les pluies d’hiver et par des forages dans la nappe phréatique du sous-sol. L’aquifère souterrain est approvisionné selon les sources par un volume d’eau annuel variant entre 50 et 70 millions de m3. Ce volume est insuffisant pour répondre à une demande de l’ordre de 100 à110 millions de m3/an. Ce déficit est une source de tension supplémentaire entre Israéliens et Palestiniens. Les seconds estiment que les premiers diminuent le potentiel de leur aquifère en pompant l’eau par des puits situés le long de la frontière avec Gaza et à cause du barrage sur le Wadi de Gaza dont la source est située en Israël. Le problème est que les experts ne sont pas d’accord pour savoir si la nappe de Gaza est une subdivision de l’aquifère côtier ou si elle ne forme qu’un seul ensemble.

La gestion de l’eau : l’exemple israélien et jordanien

 

Les technologies utilisées pour exploiter les ressources

L’insuffisance de l’alimentation en eau dans toute la région a conduit dès la plus haute antiquité à l’utilisation de techniques les plus variées. Il faut distinguer ce qui relève de l’acheminement des eaux de surface, du pompage des eaux du sous-sol ou encore des techniques permettant de rendre l’eau (usée, saumâtre ou salée) potable. Les deux premiers procédés sont les plus anciens et encore les plus largement employés dans la région. Israël et la Jordanie s’illustrent plus particulièrement dans l’ampleur des moyens consacrés à une exploitation optimale des ressources existantes, par les méthodes suivantes :

- les canaux d’acheminement :

les deux pays ont opté pour un système de gestion centralisé

* Le canal du Ghor oriental

(appelé depuis 1987 canal du Roi Abdallah) est la principale réalisation de la Jordanie. Ce canal, dont le projet remonte à 1959 fut conçu par équipe d’ingénieurs jordaniens et américains et financé par l’aide américaine, européenne et arabe. Il est alimenté par le cours du Yarmouk et mesure 110km de long. Il sert principalement à l’agriculture irriguée de la plaine jordanienne de rive gauche, la zone la plus prospère du pays.

* En Israël,

une compagnie d’État, Mekorot gère le National Water Carrier, réseau national achevé en 1964 qui est alimenté principalement par des pompages dans le lac de Tibériade (qui représentent 400 millions de m3 d’eau annuels) et dessert l’ensemble de la côte jusqu’au Néguev.

- les techniques modernes, projets et réalisations :

* la pluie dans le désert.

La Jordanie s’illustre par son innovation pour capter les eaux de pluie dans les oueds du désert. Des petits murets sont construits afin de récupérer les eaux de pluies et pour éviter leur évaporation immédiate dans les sables. Plus généralement, la collecte des eaux de pluies est une solution de complément fréquemment envisagée et en partie appliquée.

* le dessalement :

le dessalement de l’eau de mer est déjà effectif en Israël, de façon ponctuelle : la ville d’Eilat (20.000 habitants) assure par ce procédé 90% de ses besoins en eau. Pour l’ensemble du pays, ce sont environ 60.000 m3 d’eau qui sont dessalés chaque jour. Le principal obstacle à l’extension de ce système est son coût. Les usines de dessalement nécessitent une grande quantité d’énergie pour fonctionner, si bien que le mètre cube d’eau revient à l’heure actuelle à près d’un dollar. Néanmoins, la Jordanie envisage de dessaler jusqu’à 70 millions de m3 d’ici 2005.

*le traitement des eaux

 : il s’agit du recyclage des eaux usées et du traitement des eaux saumâtres. Pour celles-ci, il existe un projet à Hisban, au sud d’Amman, devant dessaler à terme 30 millions de m3/an. Toujours en Jordanie, le recyclage des eaux usées concerne un volume de 65 millions de m3/an : le projet est d’atteindre les 200 millions d’ici à 2010.

En Israël, le recyclage des eaux usées est en œuvre depuis trente ans dans la région de Haifa (complexe de Kishon) et du Dan (au sud de Tel-Aviv, le complexe le plus important du pays). Il fournit aussi de l’eau pour l’irrigation agricole. Le recyclage est estimé à 270 millions de m3 d’eau par an, et pourrait atteindre les 620 millions de m3 en 2020.

Dans les Territoires palestiniens, le recyclage est également utilisé et devrait s’élever à 45 millions de m3/an pour la Cisjordanie contre 33 millions pour Gaza d’ici 2020.

Réduire la consommation d’eau : un enjeu majeur

 

 

 

 

* L’enjeu se situe principalement au niveau agricole. Ainsi de 1985 à 1993, Israël a pu réduire de 200 millions de m3/an sa consommation d’eau en jouant presque uniquement sur le secteur agricole, grâce à une irrigation plus efficace (les méthodes du goutte à goutte) ou encore la sélection de plantes demandant moins d’eau. Le problème qui demeure en Israël est que les agriculteurs bénéficient de tarifs préférentiels pour l’eau, ce qui augmente leur demande, et ne facilite pas une économie de cette ressource.

Pour ce qui est de la consommation domestique, en constante augmentation dans la région du fait de l’accroissement de la population et surtout de son urbanisation - un urbain consommant plus d’eau, l’amélioration des techniques économisant l’eau (comme les chasses d’eau " intelligentes ") ou les campagnes de sensibilisation peuvent aider à réduire la consommation. Ainsi en 1991, grâce à une grande campagne lancée en Israël après la sécheresse de 1989, on a pu voir une baisse de 23% de la consommation d’eau domestique.

* Les problèmes sont similaires en Jordanie, et les autorités se sont engagées dans des programmes d’économie de l’eau, notamment par la réduction des fuites dans les réseaux des agglomération (à Amman, près de la moitié de l’eau distribuée est perdue). Selon M.Mohammed Shatanaoui, expert hydraulique à la Jordan University, une augmentation de 10% de l’"efficacité " de l’eau en Jordanie permettrait d’économiser 100 millions de m3/an.

 

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